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PEINTURES

Les techniques picturales reflètent la variété des supports sur lesquels elles se pratiquent. En règle générale, la peinture à la détrempe (a tempera) s'applique sur un panneau de bois, la peinture à fresque (a fresco) sur un mur, la peinture à l'huile sur une toile, l'acrylique, l'aquarelle, la gouache et les pastels sur du papier. Ces techniques varient aussi en fonction du médium utilisé pour lier les pigments : eau, huile, gomme ou œuf.
Les fresques datant du magdalénien (environ 17 000 ans avant notre ère) ont été découvertes dans les grottes d'Altamira en Espagne, de Lascaux et Chauvet (38000 ans) en France sont parmi les plus anciennes peintures connues. Les pigments dont les traces ont été retrouvées sur ces sites préhistoriques incorporent du bois carbonisé, de l'os, de la craie et diverses sortes de terre.

Les pigments.

Les pigments, ou couleurs, proviennent de la terre, de colorants naturels et de minéraux ; ils peuvent aussi être le produit d'une préparation chimique. Outre certains pigments connus dès la préhistoire (l'ocre) ou apparus au début de l'ère chrétienne (le vert-de-gris, ou acétate de cuivre), les artistes utilisèrent, à partir du XIVe siècle, l'outremer (bleu lapis-lazuli), le rouge garance, le jaune antimoine et le vermillon. Ces couleurs forment encore de nos jours la base de la palette du peintre. Il fallut attendre 1704 et la découverte du bleu de Prusse, et 1750 avec celle du jaune de Naples, pour enregistrer de nouveaux progrès dans le domaine des couleurs. Au XIXe siècle, la gamme s'enrichit de tons chimiques, notamment des pourpres et des verts. L'histoire des pigments, et notamment la connaissance de leur disponibilité selon les régions et les époques, permet de dater les tableaux.

Le matériel de dessin.

L'usage généralisé de la pointe de métal remonte au XVe siècle. L'artiste dessinait en creux sur un papier spécialement préparé et souvent coloré, de façon à faire ressortir l'empreinte du stylet. À partir du XVIIe siècle, le travail à la mine de plomb (graphite) permit progressivement aux artistes de dessiner sur toutes sortes de papiers et de varier les styles.
L'emploi du fusain (charbon de bois) remonte à la préhistoire et s'est généralisé, comme celui de la sanguine (hématite), au XVIe siècle. Leur maniement aisé permettait d'exprimer des effets de lumière et d'ombre, soit par des hachures, de fines lignes parallèles ou croisées, soit par des taches ou des rehauts de blanc. Certaines études sont dessinées à l'encre et à la plume, parfois associées au fusain et à la craie.

Peinture à la détrempe.

Le principe de la technique a tempera, l'une des plus anciennes, repose, au Moyen Âge, sur l'utilisation, comme médium, du jaune et du blanc d'œuf additionnés d'eau ou d'huile. De nos jours, cette peinture est plutôt faite à base d'eau et de gomme. Cette technique présente deux avantages : elle sèche rapidement et restitue des couleurs d'une grande luminosité.
Le gypse en Italie ou la chaux en Europe du Nord, mélangés à de la colle d'origine animale, forment la préparation qui recouvrira le support de bois. Celle-ci est appliquée par couches qui, une fois poncées, présentent une surface lisse. Le peintre trace alors sa composition au fusain ou à l'aide d'une pointe en argent. Il peut aussi la décalquer au poncif : la poudre de charbon de bois appliquée sur le dessin piqué le reproduit sur le gypse. Il exécute son tableau par fines couches de peinture plus ou moins diluée. Le détail et le modelé sont obtenus par hachurage croisé, ou par pointillage (petites touches et mouchetures de peinture), et par des glacis posés à l'aide de pinceaux fins.

Peinture à fresque.

La peinture a fresco est un procédé de peinture murale. Pulvérisées et délayées à l'eau, les couleurs sont appliquées après trois différentes couches de plâtre. L'enduit de plâtre et les couleurs fusionnent, formant une surface étanche. Cette technique adaptée au climat chaud connut une large diffusion en Italie, tant à l'époque romaine qu'au Moyen Âge ou à la Renaissance.
Son procédé est complexe : l'artiste exécute une esquisse au fusain et à la terre rouge de Sinope sur le plâtre frais. Au XVIe siècle, l'esquisse était plutôt réalisée sur un carton, puis reportée au poncif sur la troisième couche d'enduit (intonaco) fraîchement posée et destinée à recevoir la peinture. Pour travailler sui un enduit toujours frais, il divisait la surface à peindre en petites portions dénommées giornate, « journée» en italien, parce que ces portions nécessitaient une journée de travail. Les modelés étaient rendus selon la même technique que celle de la peinture à la détrempe. La fresque était recouverte d'une dernière couche, souvent une détrempe à l'œuf.
Les retouches étaient difficiles à réaliser car il fallait casser la surface à modifier avant de la réenduire. Aussi la peinture à fresque nécessitait-elle une main sûre comme celle de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine, à Rome.

La peinture à l'huile.

Pierre-Paul RUBENS
Rubens et Isabelle Brandt, 1609

La peinture à l'huile est la technique employée par les peintres flamands du XVe siècle, dont l'invention est attribuée à Jan Van Eyck. Avec les améliorations que lui apportèrent les Vénitiens du XVIe siècle, elle s'imposa comme la technique de peinture la plus répandue.
Mélange de pigments et d'huile végétale en guise de liant (huile de lin, d'œillette ou de noix), cette peinture sèche lentement. L'artiste peut donc superposer des couches de couleur ou corriger son travail. La toile apprêtée à l'huile de lin et au blanc de céruse sert le plus souvent de support. Certains peintres flamands conservèrent toutefois l'habitude de travailler sur bois ou sur cuivre.
L'artiste réalisait une esquisse au fusain ou la reproduisait sur la préparation à partir d'un papier quadrillé par la technique de mise au carreau. Il appliquait ensuite un enduit coloré qui donnait sa tonalité dominante au tableau. Le vénitien Titien appliquait ainsi un fond rouge et son compatriote le Tintoret un fond noir, tandis que le flamand Rubens préférait un fond gris ou terre de Sienne. Puis le peintre peignait par couches fines ou épaisses. La pose d'un glacis, dernière couche translucide, intensifiait les couleurs et accentuait la luminosité des rehauts.
La consistance de la peinture et la manière de la travailler diffèrent suivant les peintres : touches épaisses au couteau ou coups de pinceau imperceptibles étendant une peinture fluide. Le rendu final du tableau s'obtient soit par glacis, c'est-à-dire par superposition de fines couches de couleur claire sur un fond sombre, soit par pointillage, soit par frottage, c'est-à-dire grattage du support. En guise de finition, le tableau était recouvert d'un vernis à base de cire ou de résine.

L'aquarelle et la gouache.

L'aquarelle est un mélange de pigments et de gomme arabique. D'usage ancien, cette technique connut un renouveau lié au travail des artistes paysagistes anglais des XVIIIe et me siècles. Elle se distingue par sa transparence et par la variété de ses effets.
L'aquarelliste trace une esquisse à l'encre, au crayon ou à la craie, de préférence sur un papier fait à la main. Puis il peint par couches de lavis transparentes et réserve, sans les colorer, certaines parties du papier, jouant ainsi avec son épaisseur et son grain. Certaines aquarelles sont monochromes, par exemple bistre ou sépia, comme les paysages du Français Claude Gellée, dit le Lorrain.
La gouache dérive de cette technique, mais c'est la colle qui joue le rôle du liant. L'ajout de pigment blanc rend la matière plus opaque : les peintres français l'utilisèrent dès le XVIIIe siècle.

Le pastel.

Les pastels se présentent comme des bâtonnets de pâte de pigments broyés, malaxés avec de la gomme ou de la résine. Ils se mélangent facilement au doigt, et permettent d'obtenir des contours estompés qui exaltent la fraîcheur des couleurs. L'italienne Rosalba Carriera  fut la première à expérimenter cette technique ; le français Edgar Degas innova en y mêlant le crayon, la gouache ou la peinture à l'essence.

La peinture acrylique.

La peinture acrylique est une invention du XXe siècle réservée à l'origine à un usage industriel. Elle s'obtient en liant les pigments avec de la résine synthétique. Opaque, soluble dans l'eau, elle sèche rapidement. Contrairement à la peinture à l'huile, le temps n'altère pas sa couleur. Elle peut être diluée jusqu'à la transparence. Le peintre américain David Hockney, notamment, a su tirer le meilleur parti de cette technique.

Perspective

L'art de la perspective est une technique fondée sur des calculs géométriques, qui permet de rendre compte d'une réalité en trois dimensions sur une surface plane. La volonté de représenter l'espace de façon réaliste conduisit au développement de la perspective inaugurée au début du XIVe siècle par Brunelleschi.
Les objets s'éloignent par rapport à un ou plusieurs points de fuite, et leur taille diminue proportionnellement. Le point de fuite, point de convergence des lignes parallèles, est déterminé par la position de l'œil du spectateur et par sa distance par rapport à la ligne d'horizon. Cette ligne est une ligne imaginaire où se croisent le regard du spectateur et la perspective du tableau.
Les peintres Piero della Francesca et Leon Battista Alberti établirent dans leurs traités les règles théoriques de la perspective. D'autres, comme Uccello, s'en serviront de manière moins rigide. Quant à Léonard de Vinci, il inventa la perspective aérienne, qui, par un jeu de couleurs contrastées et un dégradé de coloris froids, accroît la profondeur de champ.

bdp

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