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Les arts

Observé dans son but, l'art est la manifestation du beau. Or, le beau est particulièrement sensible quand il revêt une forme ; c'est pourquoi l'architecture, la peinture, la sculpture doivent être considérées comme étant des arts proprement dits, ou beaux-arts. Aux arts du dessin que nous venons d'énumérer s'ajoutent la musique et la danse, qui complètent le groupe des beaux-arts. Dans cette acception, élevée et spéciale, l'art s'adresse à l'imagination et au sentiment, qu'il a pour objet d'émouvoir. Le terme arts libéraux est la traduction rigoureuse de l'expression antique « artes liberales ». Les Anciens appelaient « arts libéraux » ceux que l'homme libre peut exercer sans déchoir, par opposition aux « arts mécaniques » ou « manuels », dévolus aux esclaves. Les arts libéraux comprirent d'abord : la Grammaire, la Rhétorique, la Dialectique et la Géométrie. Plus tard, on leur adjoignit la Musique, l'Arithmétique et l'Astronomie. Enfin, la Théologie, la Philosophie, la Médecine et la Peinture agrandirent cet ensemble ; ensemble d'ailleurs arbitrairement composé et incomplet. Plus tard encore la Peinture en fut détachée, pour former, avec l'Architecture, la Sculpture, etc., le groupe des beaux-arts ou des arts plastiques. On distingua dès lors, parmi les « arts libéraux », entre les « arts de la forme » et les « arts de la pensée ».

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L'art populaire a rapidement personnifié, surtout au moyen âge, ces arts de la pensée ou de la forme, dont la supériorité frappait l'imagination. Dans l'Hortus deliciarum (manuscrit du XIIe siècle d'Herrade de Landsberg), la Philosophie est figurée par une femme à trois têtes ; sept sources, symbole des sept arts, sortent de sa poitrine. Des personnages allégoriques l'entourent : la Rhétorique tient un style et des tablettes ; la Grammaire, des verges et un livre, etc. Dans la sculpture ogivale, les imaginations sont analogues. Les voussures d'une porte de la façade occidentale de la cathédrale de Chartres représentent la Musique avec une harpe, une viole et des clochettes, l'Arithmétique avec un dragon ailé, l'Astronomie avec un boisseau, etc. La Renaissance italienne et française a stylisé ces diverses inventions, et les a léguées à l'art moderne sous une forme déjà légèrement figée, sinon académique. Depuis lors, les représentations des « arts libéraux » ont pullulé.

Arts décoratifs :

Aujourd'hui introduites dans le langage courant, les expressions d’ Arts décoratifs ou Arts appliqués sont d'origine relativement récente. Les commencements de l'art décoratif se confondent en réalité avec ceux de l'art sans épithète ; on a toujours fait de l'art décoratif, ou appliqué, ou « utile », mais sans le différencier nettement des autres arts plastiques, ou beaux-arts. Spencer a montré les sources profondes et la puissance de l'instinct décoratif : « On a remarqué, écrit-il, que dans le cours des temps la parure précède le vêtement. » Cette propension à révérer ce qui embellit le corps et l'habitacle humains est à la base de tout le travail de l'espèce.
Les arts appliqués à l'industrie ont été supérieurement pratiqués par les Anciens. En Egypte, en Grèce, en Phénicie, en Asie Mineure, en Etrurie, à Rome, partout nous trouvons la joaillerie, l'orfèvrerie, les tentures, les tapis et les étoffes de luxe fabriqués à Tyr, Sidon, Carthage, Athènes, Argos, Thèbes et Corinthe ; les poteries remarquables de la Grèce et de la Grande-Grèce ; ces divers objets étaient constamment en circulation sur toutes les rives du grand bassin méditerranéen. Après le transfert de l'empire à Byzance, c'est là que les arts appliqués ont leur siège principal. Plus tard, quand le monde chrétien se précipite sur l'Orient pour conquérir le tombeau du Christ, il trouve dans l'empire grec des arts qui lui sont inconnus et il s'empresse de se les approprier.
A la chute de l'empire grec, l'industrie des soieries est transplantée en Sicile par une colonie d'ouvriers grecs ; de Sicile, elle passe à Venise, qui s'en fait un monopole pendant de longues années.

Au XVe siècle, lorsque Mahomet II s'empare de Constantinople, les artistes byzantins réduits se réfugient en Europe, et plus spécialement en Italie, où la richesse des républiques leur offre les éléments nécessaires à leurs industries : à Venise, à Florence et à Gênes.
A l'époque de la Renaissance, des artistes de tout genre viennent d'Italie en France, et, trouvant dans ce pays la faveur royale, provoquent le grand mouvement artistique de ce siècle ; mouvement suivi par toute la masse des producteurs, et dont les arts appliqués ont conservé une profonde empreinte. Sous Louis XIV, l'art appliqué crée un style riche et grandiose en harmonie avec l'esprit du siècle, avec la pompe des solennités que doivent embellir ses produits. Le style Louis XV, les styles Louis XVI et Empire marquent les changements successifs dans les moeurs et les goûts.

Jusqu'à la fin du Premier Empire, l'adaptation constante et judicieuse des arts appliqués aux besoins changeants de la vie quotidienne donna lieu à des formes sans cesse renouvelées. Mais cette heureuse correspondance cessa dès lors pour des motifs complexes : l'abolition des corporations, qui supprima en fait l'apprentissage et laissa sans défense les créateurs de modèles originaux vis-à-vis des contrefacteurs ; d'autre part, l'introduction du machinisme dans l'industrie, coïncidant avec une extension de la clientèle susceptible d'acquérir des ameublements et objets d'art d'un prix moyen, obligea à fabriquer nécessairement en série, et vint ainsi s'opposer à la recherche de dispositions sans cesse renouvelées ; le romantisme, par surcroît, mit à la mode l'admiration des styles de l'ancienne France ; enfin, quand le fonds national de vieilleries parut s'épuiser, l'oeuvre d'art ancien devint l'objet de fructueuses spéculations. En 1836, Alfred de Musset, dans sa Confession d'un enfant du siècle, dénonçait nettement le mal : « Nous n'avons imprimé le cachet de notre temps ni à nos maisons, ni à nos jardins, ni à quoi que ce soit... Nous avons de tous les siècles hors du nôtre, chose qui n'a jamais été vue à une autre époque... » Ajoutons que cette abdication de l'imagination et de l'énergie créatrices ne laissait pas de comporter par delà nos frontières les mêmes désastreuses suites.

L'Angleterre fut la première à réagir. Dans ce pays, la renaissance décorative, née des prédications de Ruskin et des réalisations d'un Dante-Gabriel Ronsetti, d'un Burne-Jones, d'un Walter Crane, et surtout d'un William Morris, s'inspira tout d'abord de la tradition nationale, du style Tudor principalement. Mais le bon sens anglo-saxon de ces artistes élimina vite l'inutile et l'archaïque, pour ne conserver que les éléments de beauté essentielle qui pouvaient logiquement convenir à leur temps. Les arts d'extrême Orient d'une part, l'observation sincère de la nature d'autre part, leur ont permis de parer l'armature première de leurs conceptions décoratives d'une ornementation distinguée.

Les mythes dans l'art.

La peinture mythologique est un genre pictural à part entière dont le thème artistique est centré sur des personnages ou des scènes de la mythologie, elle n'est pas utilisée qu'à des fins profanes. En revanche de nombreux peintres, graveurs et sculpteurs ont représenté des scènes bibliques dans un but religieux cette fois.
Lors de la Renaissance italienne, avec l’arrivée du Quattrocento (XVe siècle) et suite à l’Humanisme, il était de bon ton d'imiter la culture classique. On y trouve une typologie universelle pour établir des significations allégoriques:
Aphrodite / Vénus représente la beauté (ou la duplicité de l'amour sacré / profane),
Athéna / Minerve pour la raison, Héra / Juno pour la jalousie ou du gouvernement national,
Ares / Mars pour les vertus militaires mais aussi les horreurs de la guerre.

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